Site Internet : https://collectifpetittravers.org/
Votre nouveau spectacle s’inscrit dans un cycle de collaborations avec divers ensembles musicaux. De quelle formation s’agit-il cette fois ?
Nicolas Mathis : Après nos créations avec Tactus ou le Quatuor Debussy, il s’agit cette fois d’une collaboration avec le groupe de jazz Pulcinella, la formation de Pierre Pollet. Il avait déjà travaillé avec Julien Clément sur le spectacle S’assurer de ses propres murmures, que j’avais mis en scène; et il était le batteur dans Les Plis du paysage. Nous créons donc des pièces avec lui depuis dix ans. Nous avons développé de nombreuses affinités avec son groupe, qui a pour particularité d’aller puiser dans des traditions musicales variées, comme la musique colombienne ou des chants de la région des Pouilles. Les musiciens en respectent les codes tout en apportant leur propre touche contemporaine. Ce sera une grande première pour notre collectif que de travailler sur une musique pulsée et dansante.
Qu’est-ce que le répertoire de Pulcinella va impliquer comme changements dans votre écriture ?
NM : Nous allons découvrir le travail de crétion avec de la musique groove, de grosses percussions et des instruments qui se répondent. Nous étions plus habitués à de la musique ancienne ou contemporaine. Notre processus d’écriture change : tout se crée en direct. Nous travaillons le matin entre jongleurs, et Pulcinella nous retrouve l’après-midi. Nous dégrossissons les différentes structures ensemble et nous accordons nos tempi. Le soir, le groupe de jazz travaille de son côté et nous soumet le résultat le lendemain. C’est une façon de faire tout à fait nouvelle pour nous, et très agréable. Ce qui est nouveau également, c’est l’idée de proposer un projet très chorégraphié, nous cherchons ici à construire des corps de danseurs, avec une grosse attention aux pas.
Quelles problématiques abordera Tout ce beau désordre ?
NM : Nous nous intéressons à la mondialisation culturelle en questionnant la légitimité d’utiliser des musiques traditionnelles, parfois récupérées par la pop culture (rythmes afro, samba…), qui se sédimentent dans nos imaginaires communs. Notre arc narratif sera celui du concert de rock avec tous ses clichés : scène surélevée, mur d’enceintes et adresses au public. Ces intermèdes permettent de poser un regard réflexif sur la genèse de la pièce, sur l’aventure collective qu’est la création d’un spectacle entre tentatives, échecs et rêves partagés. L’écrivain oulipien Frédéric Porte nous aidera à jouer avec formes, cadres narratifs et rythmes; et nous profiterons aussi des conseils de Camille Boitel, connu pour ses spectacles sur la perte de contrôle, l’accident, les failles.
PRODUCTION
Collectif Petit Travers
COPRODUCTIONS ET ACCUEIL EN RÉSIDENCE
Maison de la Danse, Pôle européen de création,
Lyon ; Plateforme 2 Pôles Cirques en Normandie I La Brèche à Cherbourg – Cirque Théâtre
d’Elbeuf ; AGORA – Pôle National Cirque Boulazac – Nouvelle Aquitaine ; Equinoxe – Scène
nationale de Châteauroux ; Le Théâtre de Saint Nazaire Scène nationale ; Espaces pluriels -
Scène conventionnée d’intérêt national Art et création danse, Pau ; Théâtre de Cusset-Ville
de Cusset ; UTOPISTES – Cité Internationale des Arts du Cirque.
