Site Internet : https://www.artcena.fr/projets-de-creation/subsistance-musclee
Poursuivant votre cycle sur ce que vous nommez « l’empuissantement », ce nouveau spectacle traite de la fabrique de l’impuissance. Quel en est le point de départ ?
Fanny Sintès : C’est le constat d’un amalgame entre se dépasser et dépasser ses limites. Subsistance musclée traite de la fabrique de l’impuissance, des rapports de force, des colères minoritaires et de la puissance du collectif. Les expériences traumatiques sont dues à des dynamiques de pouvoir et de violence. Je me suis donc intéressée au trauma et à la colère. Le premier est un état de figement (mémoire enfermée, énergie bloquée qui empêche l’accès aux émotions), la seconde, considérée comme une forme de non-maîtrise de soi ou d’agressivité, est mal vue chez les femmes. On attend de nous que l’on se reconstruise dans le calme. Or comme l’écrit Douce Dibondo, « la colère est une boussole de lucidité qui permet d’exiger justice, réparation et de lutter pour la fondation d’utopies ».
Loin de vouloir établir une liste des traumas et colères existants, vous dites vouloir « donner à voir le cadre systémique dans lequel ils s’inscrivent ».
FS : Le trauma individuel n’est pas détaché du trauma collectif. Tout un système d’oppressions interagissent entre elles. Raviver la colère, c’est raviver la mémoire, partager nos histoires et rendre nos colères politiques. Nos corps transpirent des récits intimes et universels. Je travaille sur l’empathie et la reconstruction collective via la « sueurorité » : un principe de détoxification des systèmes de dominations par la transpiration collective. Nous serons six interprètes sur scène car lorsqu’on énonce et dénonce à plusieurs, ça décuple la force d’articulation et l’impact de la réception. Avec l’autrice Sigrid Carré-Lecoindre, nous imaginons une dramaturgie rhizomatique et des narrations sous des angles textuels, corporels et sonores. L’écriture, physique, organique et rythmique, est une pensée en mouvement.
En quoi ce spectacle est une vraie performance de cirque-théâtre ?
FS : Nous évoluons dans une structure de douze perches suspendues en métal. La suspension, souvent associée à la passivité, est ici considérée comme une prise de décision : à quoi je m’accroche, à quoi je tiens. Je mets en scène le corps comme un territoire de lutte, et le grotesque comme une arme du détournement. Déjà présente dans Clinamen Show du Groupe Bekkrell, la structure est utilisée ici pour ses possibilités scénographiques, physiques, symboliques et comme matière sonore de résistance. Aude Pétiard signe une création sonore intradiégétique (qui émane du plateau), obtenue grâce à la sonorisation des perches. Enfin, chacune de nous prendra la parole sous diverses formes : logorrhée, adresse frontale, spoken word (mot parlé et scandé) ou fragments poétiques.
PRODUCTION
Cie Saxifrage
COPRODUCTION
Lieu Unique Scène Nationale, Nantes ; ONYX, Théâtre de Saint Herblain ; Agora Pôle National Cirque Boulazac-Aquitaine ; Nouveau Studio Théâtre, Nantes ; La Brèche, Pôle National Cirque de Normandie / Cherbourg-en-Cotentin ; Carré Magique, Pôle national cirque en Bretagne ; le Théâtre Jean Vilar à Vitry ; ONYX, Théâtre de Saint-Herblain
SOUTIEN
ARTCENA, Écrire pour le cirque ; Théâtre, Scène Nationale de Saint Nazaire ; Département Loire-Atlantique ; DRAC Pays de Loire, Groupe Bekkrell ; Itinéraires d’Artiste(s) 2026 Coopération Nantes-Rennes-Brest-Rouen et ses territoires d’accueil : Le Mans-Angers-Coutances ; Le Nouveau Studio Théâtre – Nantes
EN COURS
Les Quinconces & l’Espal au Mans ; l’Espace Périphérique, La Villette ; Azimut, Espace Cirque d’Antony ; CDN Théâtre Dijon Bourgogne ; Les Halles de Schaerbeek ; Le Quai, CDN Angers ; Circa, pôle national cirque CIRC, Auch ; Le Palc – Pôle National Cirque, Châlons-en-Champagne / Grand Est ; Pôle National Cirque de Nexon | Nouvelle-Aquitaine