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Ce nouveau projet puise sa source dans une partie de votre précédent spectacle avec Vimala Pons, GRANDE-.
Tsirihaka Harrivel : Suite à ma chute pendant le spectacle GRANDE-, je me suis posé beaucoup de questions sur ma pratique du cirque. J’ai voulu faire une pause sur l’aspect physique de l’acrobatie et en profiter pour m’intéresser aux origines martiales du cirque, aux notions de prise de risque et de danger. Avec Vimala, nous travaillions sur ce sujet ; elle-même pratique le karaté. Je me suis initié à deux disciplines : le Vinh Xuan vietnamienet le Kyudo, dutir à l’arc japonais. J’ai accompagné cette découverte d’une réflexion plus générale sur le cirque et les conflits. Ce nouveau projet, Tela Missilia Arma, constitue le prolongement de toute cette recherche. Le spectacle allie donc le cirque, les conflits et le danger.
Décrivez-nous vos choix scénographiques en termes de dispositif dramaturgique.
TH : Nous serons six au plateau : trois performeuses, une équipe technique – (dont je fais partie pour la mise en situation des objets et une partie de la création sonore) - et un dispositif conséquent et imposant : le convoyeur. Ici, les objets sont de vrais sujets. Lors d’une résidence au Japon, j’ai découvert un projet de tapis roulant de 500 km entre Tokyo et Kyoto pour acheminer les marchandises et ainsi pallier le manque de main-d’œuvre. Dans Tela Missilia Arma, les performeuses seront amenées à choisir, à subir ou à dealer avec ce qui leur est donné, parmi tous ces objet censés changer nos vies. Le convoyeur permet de donner une mesure au temps, de voir son cheminement. Il constitue une sorte de roulement de tambour physique.
Que signifie les trois mots du titre du spectacle, Tela Missilia Arma ?
TH : Ce sont des mots latins qui renvoient aux différentes armes, qu’elles soient d’attaque (tela), de jet (missilia) ou de défense (arma). Le spectacle évoque notre désir par rapport à tous ces objets – ces armes – qui changent soi-disant nos vies. Nous avons voulu visualiser leur cheminement jusqu’à nous via le tapis roulant qui véhicule beaucoup d’imaginaire entre fitness et marchandisation, révolution industrielle et rationalisation du monde. Nous testerons le dispositif du convoyeur pour la première fois lors de notre résidence à La Brèche. Nous nous y consacrerons totalement pendant la première semaine. La semaine suivante, les performeuses expérimenteront tout ce que nous avons pu appréhender jusqu’ici, cette fois à grande échelle, et nous verrons ce que cela raconte.
PRODUCTION
Tout ça / Que ça
COPRODUCTION
Le Lieu Unique, Nantes ; La Villa Kujoyama avec le soutien de l’Institut français, de l’Institut français du Japon et de la Fondation Bettencourt Schueller
SOUTIEN
Fondation BNP Pariba ; La Plateforme 2 Pôles Cirque en Normandie / La Brèche à Cherbourg ; 3bisf – Centre d’arts contemporains arts vivants & arts visuels, Aix-en-Provence
Tsirihaka Harrivel et Vimala Pons sont artistes associé·es au Lieu Unique, Nantes
TOUT ÇA / QUE ÇA est conventionné par le Ministère de la Culture – DRAC Île-de-France