FLORENCE CAILLON - L’ÉOLIENNE

THE SAFE WORD et FLUX TENDU

Résidence du 1er au 12 décembre 2014

Site Internet : eolienne.cie.free.fr

Un an après sa résidence à la Brèche en novembre 2013 pour son projet de création The safe word, L’Éolienne revient avec ses envies de questionner le réel et le monde qui nous entoure mais à travers non plus une mais deux propositions artistiques, The safe word et Flux tendu. Deux manières différentes d’interroger les limites, les contraintes, les frontières réelles et symboliques…

Note d’intention

Encore une fois, je me place dans la position du Candide, du néophyte.
Souvent, j’entends les gens dire « que faire, c’est un sujet trop compliqué, je n’ai pas les capacités pour avoir un avis sur la question… » Alors on baisse les bras et le regard.
Et on écoute les experts faire le monde à notre place.
Je suis convaincue que la première des choses à faire, c’est de s’intéresser et d’essayer de comprendre, de s’informer à plusieurs sources, de poser des questions.
Et de se poser la question de sa propre marge de manœuvre. Si infime soit-elle, il en existe souvent une.
Sur un ton humoristique et dans des contextes extrêmement variés, j’ai souvent croisé le chemin de cette phrase : « Chercher à comprendre, c’est commencer à désobéir ».
Soyons désobéissants.


Entretien avec Florence Caillon

Qu’est-il ressorti de votre résidence à la Brèche en novembre de l’année dernière ?
Je suis venue pendant 2 semaines avec mon équipe et je devais initialement travailler sur The safe word. Mais, comme j’avais un autre projet qui me trottait dans la tête depuis plus d’un an, et que l’équipement de la salle le permettait, je me suis permis de consacrer deux jours à Flux tendu. Concernant The safe word, je venais avec l’intention de tester l’installation du grillage sur la totalité du front de scène. J’avais peur que cette idée soit un peu agressive ou que ça nous enferme, que ça impacte la thématique trop nettement. Au fur et à mesure de la recherche, j’ai tenu bon et j’ai décidé de le garder à cette place. Il fonctionne comme une frontière, une limite autour de laquelle on va jouer.

Pouvez-vous nous en dire plus sur l’autre projet, Flux tendu ?
Flux tendu est une performance pour cinq trapèzes d’une trentaine de minutes. Le principe de cette pièce, c’est l’accélération du rythme et la façon dont les corps réagissent face à cette accélération. Depuis des années, je triture les postures circassiennes et les imbrique aux mouvements dansés. Avec Flux tendu, je vais travailler sur la décomposition du mouvement de suspension aérienne, développer un univers corporel fait d’impulsions, de tremblements, d’isolations, de lenteurs, d’élans,… J’aimerais que le rythme s’accélère progressivement mais sans qu’on s’en aperçoive. Une cadence intensifiée à l’extrême menant à l’épuisement, la chute. Cette partition acro-chorégraphique sera soutenue par une partition sonore faite d’impulsions de plus en plus rapprochées. Dans Flux tendu, il y a cette question : comment les personnes continuent à exister dans cette accélération permanente ?

Vous imaginez pouvoir jouer Flux tendu en première partie de The safe word. En quoi les deux pièces se répondent-elles ?
Les deux pièces ont des thématiques, des racines communes. Au niveau de la forme, ce sont deux écritures différentes mais au fond, les deux propositions parlent de la même chose : de l’entrave. Dans Flux tendu, les corps subissent, dans The safe word, ils commencent à agir. Qu’il s’agisse de l’accélération ou du grillage, la question est : comment on continue à exister malgré ces contraintes ? À quel moment on se révolte (ou pas) contre une autorité, un système, ou soi-même ? The safe word va plus loin dans ce questionnement car évoque la notion de hiérarchie. Sinon, j’imagine un changement de plateau à vue : le public verrait le grillage s’installer, la limite prendre place. Pendant ce temps, il pourrait y avoir des projections de textes. C’est encore imprécis mais c’est une chose sur laquelle nous devons nous pencher.


POUR ALLER PLUS LOIN

SCOTT James C. La domination et les arts de la résistance, Fragments du discours subalterne, Paris, Éditions Amsterdam, 2009

Coproduction et accueil en résidence (en cours) : La Brèche, Pôle national des arts du cirque de Basse-Normandie / Cherbourg-Octeville ; La Grainerie, Fabrique des arts du cirque et de l’itinérance – Balma ; Pôle régional des arts du cirque des Pays de la Loire, Le Mans ; Quai des Arts, Argentan ; Espace Jéliote, Scène conventionnée arts de la marionnette – Oloron Sainte-Marie ; Théâtre de l’Hôtel de Ville – Saint-Barthélémy d’Anjou ; Le Moulin du Roc, Scène nationale de Niort ; Fontenay en Scène – Fontenay-sous-Bois ; Centre dramatique national de Haute-Normandie – Petit-Quevilly / Rouen / Mont-Saint-Aignan

Journal de la création

Rencontre avec Florence Caillon – L’Eolienne

Rencontre avec Florence Caillon – L’Eolienne

Flux Tendu & The Safe Word

En décembre 2014, La Brèche accueillait Florence Caillon et toute son équipe de l'Eolienne. La cie travaille actuellement sur un dyptique composé d'une petite forme, Flux Tendu, et d'une grande forme, The Safe Word. Deux …

Création en 2015/2016

Distribution

Flux tendu

écriture chorégraphique et sonore
Florence Caillon

interprétation
Marion Soyer, Jennifer François, Volodia Lesluin, Tamryn Escalante, Sébastien Jolly (en alternance avec Clémence Coconnier)

accompagnement
Clémence Coconnier

régie générale
Xavier Bernard-Jaoul et Sébastien Jolly

The safe word

écriture et mise en mouvement
Florence Caillon

psychanalyste associé
(en cours)

interprétation
Tamryn Escalante, Jennifer François, Volodia Lesluin, Marion Soyer, un acrobate au sol (en cours)

dramaturgie
Cathy Blisson

régie générale
Xavier Bernard-Jaoul et Sébastien Jolly

création lumière
(en cours)

musique et bande son
Florence Caillon et Xavier Demerliac

vidéo
Xavier Bernard-Jaoul