Cie H.M.G / Jonathan Guichard

080

résidence reportée en février 2021

Site Internet : www.facebook.com/CieHMG/

Habitué à évoluer au milieu de / sur / avec d’imposants objets scénographiques (planches de bois dans Ieto; plateforme ballante dans Du goudron et des plumes de Mathurin Bolze; plan incliné dans Plan B d’Aurélien Bory; escalier dans Cavale de Yoann Bourgeois; planche courbe dans 3D), le parcours artistique de Jonathan Guichard l’amène aujourd’hui à s’intéresser au corps et aux enjeux physiologiques des périodes de vie de ce corps.

septembre 2019 / ITV réalisée par Emmanuelle Lemesle pour La Brèche

Dans votre prochain spectacle, 080, vous modifiez l’échelle du temps de sorte qu’une minute équivaut à une année. À ce rythme, un être humain vivrait environ 80 minutes.
Jonathan Guichard : Mon domaine de compétence, c’est le corps, bien qu’une hernie discale survenue pendant mes études me pénalise beaucoup. Je me suis souvent interrogé sur son apparition; comment ai-je pu ne pas être à l’écoute de mon corps ? L’une des raisons est sans nul doute le souci de performance profondément inscrit dans un conditionnement sociétal. Cette idée de performance productive est contre-nature, car elle stimule, entre autres choses, une dissociation du corps et de l’esprit. Le burn-out en est un bon exemple. Aujourd’hui j’imagine ce que serait une vie non soumise à un conditionnement coercitif. Je souhaite donner vie à un être dont on traversera l’existence, de 0 à 80 ans (l’espérance de vie en occident), en me concentrant sur les étapes physiologiques de sa vie.

Pour cette deuxième création, vous délaissez le plateau pour mettre en scène. Qu’a motivé ce choix ?
JG: Je préfère en effet garder de la distance pour profiter du recul nécessaire pendant le processus de recherche et d’écriture. Les quatre interprètes sont deux femmes et deux hommes, tous trentenaires. Je n’ai pas fait d’audition, le choix s’est fait de manière fluide et réciproque. Ce qui m’intéresse chez ces personnes, outre leur formation en cirque et/ou danse, c’est leur parcours : cascade , gym, danse contact, musique, arts martiaux, etc. Deux artistes sont français, une est californienne, le dernier est suédois. Toutes leurs différences nourrissent mon imaginaire, me permettent de croire que les divergences de points de vue me sortiront de mes zones de confort et, j’en suis sûr, permettront un acte créatif pertinent.

Sur scène il y a un matelas gonflable qui prend toute la place. Cet outil scénographique sera-t-il l’objet de vos recherches lors de votre résidence à La Brèche ?
JG : Ce matelas correspond à l’envie de décaler la réalité physique. J’aime cette idée d’un sol à densité variable permettant chutes et envols hors normes. Nous le questionnerons peu, à la différence des précédents projets auxquels j’ai participé : bancs de bois dans Ieto, plateforme mouvante avec Mathurin Bolze, planche courbe dans 3D. L’une des choses qui acte fortement une écriture de cirque est la relation symbiotique objet-artiste. Ici l’objet est la cage de scène. La création se fera en trois étapes : d’abord je transmettrai l’idée de cet être fictif qui naît et meurt en 80 minutes. À La Brèche, nous appréhenderons cette question de manière collective. Plus tard, je ferai appel à un regard extérieur pour construire ce que sera 080.

DISTRIBUTION
interprètes Fabian Wixe
Gregory Feurté Natalie Good ? en cours
création lumière Cyril Malivert
régie générale Gautier Gravelle
administration Jean-Baptiste Clément
porteur de projet et composition musicale Jonathan Guichard

PRODUCTION / DIFFUSION
Bureau de production Full-full Nicolas Feniou

CRÉATION (date inchangée)
Festival SPRING 2021