CAMEL ZEKRI x GROUPE ACROBATIQUE DE TANGER

CIRKANTRANSE

21 septembre > 2 octobre 2020

Acclamé en mars dernier lors de leur première française dans SPRING 2020 avec FIQ ! mis en scène par Maroussia Diaz Verbèke, le Groupe Acrobatique de Tanger est l’objet d’une nouvelle aventure artistique. Mené par le compositeur-improvisateur-guitariste Camel Zekri, dont l’œuvre est marquée par le tissage entre musiques de tradition orale et l’improvisation générative, Cirkantranse s’inspire de la cérémonie de possession du diwân* de Biskra.
* cérémonial pratiqué par les Gnawas du Sud algérien.

Expliquez-nous comment vous, musicien, vous vous retrouvez à écrire un spectacle de cirque…
Camel Zekri : Tout est parti du rituel que ma famille pratique en Algérie, le Diwan de Biskra, une cérémonie de guérison passant par la musique et la transe. Depuis quatre ans, je mène une analyse de la danse et des mouvements présents dans cette cérémonie, afin d’aborder la transe d’une autre façon. En décortiquant les différents tableaux, j’ai découvert que la récurrence de certaines gestuelles dessinaient un langage. C’est ce langage que je vais chercher à traduire au plateau. J’aurais été gêné de le faire avec la danse contemporaine, trop redondante ici. J’ai eu la chance d’écrire la musique pour le dernier spectacle de Mathurin Bolze, Les Hauts plateaux, et j’ai pu apprécier le travail des corps des circassiens. Ce fut une révélation; j’avais trouvé le support parfait pour évoquer la transe.

Il est vrai que pendant cette transe, il se produit quelque chose d’extraordinaire pour le corps…
CZ : Et que ces corps extraordinaires existent dans le cirque. Les circassiens sont donc les plus à même de porter ce récit. Au Maroc, j’ai croisé la route de Sanaé, la directrice du Groupe Acrobatique de Tanger. Travailler avec des artistes marocains nous est apparu comme une évidence. C’est passionnant de m’inscrire dans un groupe qui évolue également dans une tradition. Je leur demande de compléter leur gestuelle par celle du rituel. Ce dernier a deux aspect : un rituel de rue et un rituel privé, dans l’intimité des maisons. Cette relation extérieur-intérieur, visible et invisible, est à l’image de l’Homme et de son double, appelé le djinn. C’est cette relation que je souhaite matérialiser au plateau, numériquement, avec l’aide de l’ingénieur Christophe Le Breton.

Justement, parlez-nous du dispositif que vous avez tous les deux conçu pour Cirkantranse.
CZ : Compositeur, je travaille souvent avec le numérique sur des extensions de capteurs et sur la transformation sonore par le mouvement. Notre dispositif permet de transformer le plateau en un instrument de musique dont les corps des circassiens deviennent les donneurs d’ordre. Je convie six des douze acrobates du Groupe Acrobatique de Tanger, dont une femme qui aura le rôle principal; car le rituel est toujours pratiqué par des femmes. C’est la première fois que je travaille avec des circassiens et j’en suis très heureux. La scénographie évoluera entre ombres et lumières, incarnant le visible et l’invisible. Les capteurs occuperont tout l’espace d’un grand cube, lui aussi invisible, que nous apprendrons à manipuler et avec lequel nous apprendrons à jouer lors de notre résidence à La Brèche.

ITV réalisée par Emmanuelle Lemesle pour La Brèche en juin 2020

PRODUCTION DÉLÉGUÉE
Les Arts Improvisés

COPRODUCTION
Plateforme 2 Pôles Cirque en Normandie / La Brèche à Cherbourg; Quai des Arts, Argentan; Royaumont

PARTENAIRE
Césaré, CNCM – Reims; Africa 2020

CRÉATION
SPRING 2021, 19 mars au Quai des Arts
Argentan

Distribution

conception scénique et musicale
Camel Zekri

regard extérieur
Mathurin Bolze

dramaturgie
Youness Anzane

scénographie numérique
Christophe Le Breton

création lumière et régie générale
Dominique Prunier

le Groupe Acrobatique de Tanger (en cour)
Mohammed Hammich, Amal Hammich, Moustapha Aït Ouarakmane, Adel Chaaban, Mahammed Achaf Chaaban, Abelaziz El Haddad, Samir Lâaroussi, Yassine Srai, Younes Yemlahi