CIE D'UN OURS / OLIVIER DEBELHOIR

TOMBOUCTOU

RÉSIDENCE 20 > 28 OCTOBRE 2022

Site Internet : https://www.dunours.fr

Un Soir chez Boris, L’Ouest loin, Une pelle, les spectacles créés par Olivier Debelhoir ont tous été présentés dans les précédentes éditions de SPRING. Cette fois-ci, ce sont les tous premiers pas de sa prochaine création, Tombouctou, que La Brèche va accueillir. Et c’est à l’hippodrome de Cherbourg-en-Cotentin, à La Glacerie, qu’Olivier Debelhoir et son père installeront leur fil de funambule de 48 mètres de long.

Tombouctou est « une ascension funambule pour un père et son fils ». Expliquez-nous pourquoi.
Olivier Debelhoir 
: C’est la suite de tout un processus. Je travaille depuis vingt ans sur des équilibres d’objets. Depuis quelques temps je me suis remis au funambule, au travail de balancier et au fil. Je dois ce retour à cette discipline au rêve de mon père. Médecin à la retraite, il me parle depuis toujours de son rêve de gamin : faire une ascension funambule. Dans son Marais poitevin natal, à Mauzé-sur-le-Mignon, une famille de funambules venait tous les ans sur la place du village. C’était le temps d’avant les tracteurs. Mon père, fils de fermiers, rêvait de partir avec eux. Moi, mon rêve de gosse, c’était de devenir basketteur professionnel, et me voilà aujourd’hui funambule ! Auteur de cirque et porteur de projets, je me suis dit que tout concordait pour que j’emmène enfin mon père avec moi sur un fil.

Mauzé est aussi le village natal de René Caillé, premier occidental à être entré et sorti de Tombouctou, en 1828.
OD
: Sans longe, sur notre fil de 48 mètres de long, nous raconterons avec spontanéité l’histoire de mon père, de son village et de la quête de René Caillé. Ce fils de bagnard a réussi ce que tous échouaient à faire : entrer et sortir de Tombouctou, en vivant pour cela trois ans vêtu comme un musulman. C’était un penseur humaniste. J’établis une analogie entre son constat (Tombouctou, ce n’était finalement que du sable) et le vide que mon père et moi trouverons en haut du fil. Nous ne monterons que « pour du vent ». J’y vois aussi des analogies avec les colonialismes, le texte de la chanson La Quête de Jacques Brel, et la tradition du peuple Dogon qui est d’amener les plus vieux d’entre eux au sommet d’une montagne pour les laisser mourir. L’art du funambule questionne la mort et, par cette ascension, j’emmène aussi mon père … là-haut.

Votre père n’est pas circassien. Comment allez-vous procéder et quel est le rôle du dramaturge François Hien dans l’écriture du spectacle ?
OD
 : Je demanderai à mon père de me faire confiance, de me tenir les épaules et d’avancer jusqu’à huit mètres de hauteur. À cet endroit-là, le funambule n’est tant dans une recherche d’équilibre que d’empilement. Nous travaillerons sur le lâcher prise, sans toutefois jouer avec le feu. Ce sera une belle tentative et je ne sais pas ce que l’on trouvera. L’écriture se fera à trois au plateau, avec mon père et l’auteur de théâtre François Hien, en effet. Ma manière de concevoir le cirque ne peut s’opérer qu’ainsi : on n’écrit pas une pièce sur papier pour la transposer au plateau. J’attends de François qu’il nous aide à démêler tout ça et qu’il soit notre garde-fou pour ne pas tomber dans une psychanalyse personnelle. La Brèche sera notre première résidence, nos premiers vertiges !

Production
Ballet Cosmique

Coproduction
en cours

La cie d’un Ours et en convention triennale avec Ministère de la culture, DRAC Auvergne-Rhône-Alpes

CRÉATION
Automne 2024

Distribution

porteur de projet, co-auteur et interprète
Olivier Debelhoir

co-auteur
François Hien

interprète
Pierre Debelhoir

régisseur général
Michaël Philis

rigger, régisseur son
Julien Michenaud

administrateur de production
Nicolas Ligeon

chargée de production
Pauline Favaloro

chargée de diffusion
Camille Foucher